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Le MJS d’aujourd’hui est le produit d’une histoire tumultueuse, faite de hauts et de bas, de conflits réguliers avec le Parti Socialiste, les phases d’émancipation et de reprises en mains retracées très brièvement ici. La force et le dynamisme du MJS sont étroitement liés à son statut vis-à-vis du PS. L’autonomie de notre organisation constitue une conquête récente, acceptée et intégrée par la direction actuelle du PS. Notre autonomie est un atout et une originalité parmi les mouvements politiques de jeunesse qu’il faut savoir préserver.

1905 Les différentes sensibilités socialistes et socialisantes présentes dans la société française décident de s’unifier. Le 23 avril 1905, le Congrès du Globe donne naissance à la Section Française de l’Internationale Ouvrière. Oubli volontaire ou impossibilité militante, aucune structure pour les jeunes n’est envisagée.

1912 Sous la pression de l’Internationale socialiste, une section rassemblant des jeunes et des étudiants est créée au sein de la SFIO. Pendant les années suivantes, les relations sont de plus en plus tendues. Les dirigeant de la SFIO décident de dissoudre à plusieurs reprises « les jeunesses socialistes ». L’antimilitarisme militant de la section jeune se marie difficilement avec la participation de la SFIO au gouvernement d’Union Sacrée durant la Première Guerre Mondiale.

1915 Fondation de l’Union Internationale des Organisations Socialistes de la Jeunesse.

1920 Depuis la Révolution d’octobre 1917 en Russie, les bolcheviks dirigés par Lenine s’ingénient à développer la révolution hors des frontières soviétiques. Lenine tente d’imposer son leadership sur la gauche européenne en lui assignant la ratification de 21 conditions avant de pouvoir adhérer à la Troisième Internationale qu’il vient de créer. La SFIO se scinde en pro et anti. Malgré l’ardeur et les convictions de Léon Blum, la majorité des militants socialistes se laisse séduire par le discours léniniste. La Section Française de l’Internationale Communiste est crée. Seule une poignée de militants tentent de préserver la SFIO. Les jeunesses socialistes rejoignent en nombre ce nouveau parti. Un comité pour l’autonomie des Jeunes Socialistes apparaît.

1928-1934 A peine un millier sur l’ensemble de la métropole, les Jeunes Socialistes sont à reconstruire intégralement. En six ans, les « Faucons Rouges », appellation du MJS, explosent littéralement puisqu’en 1934, ils sont 34 000.

1935-1938 Dans un contexte politique marqué par la montée des périls fascistes en Europe et l’accès des socialistes au pouvoir en France et en Espagne par le biais de « Fronts Populaire », les Jeunes Socialistes ont le vent en poupe. Les JS comptent jusqu’à 50 000 adhérents. Mais l’exercice du pouvoir complique rapidement les relations entre la SFIO et les Faucons Rouges. Refusant la pause de 1938, ne comprenant pas la non-intervention française dans le conflit espagnol, les Jeunesses Socialistes s’en prennent au gouvernement de Léon Blum. La Jeunesse Socialiste est dissoute.

1939-1945 Sous l’égide de Daniel Mayer, la SFIO se reconstitue sous l’Occupation. Un embryon d’organisation jeunes réapparaît. De nombreux militants socialistes jeunes et plus anciens participent à la Résistance.

1947 Les socialistes, sortis renforcés de la Deuxième Guerre Mondiale, participent aux différents gouvernements de la IV° République. La guerre d’Indochine éclate. Les Jeunes Socialistes s’opposent à la politique coloniale du gouvernement du socialiste Ramadier. Aux cris de « Plus un sou, plus un homme pour l’appareil militaire de la bourgeoisie », les JS battent le pavé et engagent un bras de fer avec la SFIO. Cette dernière refuse de provoquer une crise gouvernementale sur cette question. Pris entre la menace gaulliste et le danger communiste, les socialistes sont prêts à fermer les yeux pour préserver le régime républicain. Le Bureau National des JS, aux mains des trotskistes du Parti Communiste International, est exclu de la SFIO. L’appareil est repris en main. Reconstitués sous l’égide de Pierre Mauroy, les Jeunesses Socialistes quittent le terrain politique pour s’investir dans des organisations de loisirs, d’activités culturelles et sportives. Les foyers Léo Lagrange créés en 1951 sont une émanation des Jeunesses Socialistes.

1954-1968 Les JS pâtissant des positions de la SFIO sur la guerre d’Algérie et de l’image d’un parti s’essoufflant, se délitent petit à petit. La plupart des jeunes partisans de l’indépendance de l’Algérie quittent la SFIO en 1958 pour rejoindre le Parti Socialiste Autonome crée par les opposants à la ligne de Guy Mollet. Le champ syndical devient alors le lieu de prédilection d’engagement de la jeunesse. La « Grande UNEF » (Union Nationale des Etudiants de France) rassemble toutes les sensibilités politiques et se politise de plus en plus. A l’image de la SFIO, les JS passent à coté de la « Révolte étudiante » de 1968.

1971 Au Congrès d’Epinay, le nouveau Parti Socialiste reconstitue une fois de plus une organisation de jeunesse (JS) et une organisation étudiante (ES) afin de catalyser les multiples mobilisation étudiantes.

1975 Au Congrès de Pau, les JS et les ES sont dissous par François Mitterrand. Le Mouvement de la Jeunesse Socialiste devient une simple courroie de transmission du PS dirigé par un secrétaire national désigné par le Premier Secrétaire du PS. Tour à tour se succéderont Edith Cresson, Alain Barreau, Jack Lang, Claude Bartolone, Jean-Marcel Bichat et Claude Fleutiaux. La mobilisation est totale en vue des élections présidentielles de 1981.

1981 Victoire des socialistes à l’élection présidentielle. François Mitterrand est Président de la République.

Dans les années 80 Les jeunes de gauche s’engagent à la périphérie des mouvements politiques, dans le syndicalisme étudiant ou les mouvements anti-racistes. Le MJS entame une longue période de déclin.

Début des années 90 La période de déchirements que traverse le PS frappe de plein fouet le MJS. Les conflits internes se multiplient et paralysent l’appareil. Le Congrès de Rennes est l’apothéose. Les effectifs chutent. Le mouvement perd son caractère national pour se replier dans quelques départements plus ou moins actifs et souvent étroitement surveillés par les dirigeants socialistes locaux. On compte alors moins de 1000 adhérents en France.

Avril 1993 La direction du PS emmenée par Michel Rocard accorde l’autonomie politique au MJS et accepte le processus d’un congrès constituant du Mouvement des Jeunes Socialistes.

Novembre 1993 Congrès constituant du MJS en Avignon. Le mouvement se dote d’une orientation politique propre, d’un Bureau national et d’un Président, Benoît Hamon. Pour la première fois, la totalité des instances dirigeantes du MJS (locales et nationales) ne sont plus désignées par le PS mais élues directement par les adhérents du MJS.

Décembre 1995 II° Congrès du MJS à Orléans. A l’issue de ce « congrès de la consolidation », les délégués élisent Régis Juanico comme deuxième Président.

Février 1998 III° Congrès du MJS, à Toulon, sur les terres du Front National. Après avoir débattu du role et des liens, de l’attitude de notre organisation lorsque les socialistes sont au pouvoir, les militants élisent Hugues Nancy à la Présidence.

Décembre 1999 Retour sur l’histoire, les délégués venus de 80 départements se rassemblent à Tours pour le IV° Congrès national où trois motions sont soumises au vote des adhérents. Au terme de trois jours de débats, Gwenegan Bui est élu Président.

Décembre 2001 Les délégués se retrouvent à Lille pour le V° Congrès, un congrès de l’unité afin de préparer les échéances de 2002. Charlotte Brun est élue à la Présidence. C’est la première femme à accéder à la présidence du MJS, entourée d’un Bureau National et d’un Secrétariat National paritaire.
Dans le Bas-Rhin, Mathieu Fauroux est élu Animateur Fédéral.

avril 2002 Comme un coup de tonnerre, le MJS après avoir fait campagne se retrouve confronté à l'évènement qui marquera un tournant dans ses pratiques, méthodes et orientations politiques en menant une véritable réflexion sur l'analyse social et idéologique à tirer du 21 avril qui, au final, n'a été que le résultat d'une dynamique plus profonde dont certains signe avant coureur avait été relevé par le MJS.
Cette période de tensions est ressentie dans la Fédération Bas-Rhinoise où Mathieu Fauroux démissionnera de l'Animation Fédérale à la rentrée 2002 pour cause de désaccord avec une partie de l'équipe dirigeante. Le Collectif Fédéral désignera alors Maxime Herrmann pour lui succéder.

Décembre 2003 Les délégués au Congrès se retrouvent à Lamoura dans le Jura pour le VI° Congrès. David Lebon est élu à la Présidence sur le texte d'orientation "à l'offensive, à gauche". Le MJS fête les dix ans de son autonomie.
La Fédération du Bas-Rhin, après une période relativement instable, reprend la voie de l'expansion et du développement en élisant Paul Meyer à l'Animation Fédérale, sur le Plan d'Action Fédéral "L'ouverture pour ambition", avec un Collectif Fédéral entièrement renouvelé et rajeunis dont les principaux membres sont issus de la vague d'adhésions de l'après 21 avril 2002.

fin 2004 à mi 2005 Le MJS est ouvertement en contradiction avec le Parti Socialiste sur l'analyse à porter sur le traité constitutionnel européen en ayant relevé dès le Congrès de 2003 un certains nombres d'orientations inquiétantes, et au final en ayant défendu (en interne du PS) le "non" au traité. Le Mouvement n'arrivera pas à convaincre le Parti et fit le choix de respecter le vote de ses aînés en ne faisant pas campagne contre le TCE et en mettant ses moyens à dispositions des militants jeunes socialistes favorables au Traité. Le résultat du 29 mai 2005 confirmera l'analyse portée par le MJS.

décembre 2005 Le MJS réunit ses délégués à Paris Belleville pour le VII° Congrès qui sera un congrès de rassemblement et de réconciliation après la déchirure interne provoquée par le TCE : pour la première fois, la déclaration sur l'autonomie est adoptée à l'unanimité des délégués au Congrès. Razzye Hammadi est élu Président sur le texte d'orientation "Changer d'avenir, le combat de notre génération".
Dans le Bas-Rhin, Baptiste Heintz-Macias est élu à la tête de la Fédération sur le Plan d'Action Fédéral "Une nouvelle génération". Son élection confirme la confiance des militants en une équipe en place depuis le Congrès de Lamoura en 2003 dont il incarne la continuité.

2006 Le MJS est en première ligne du combat contre le CPE, symbole de la guerre à la jeunesse menée par la droite depuis 2002. Cette lutte a marqué une nouvelle vague de militants par son ampleur et sa dynamique. Les Jeunes Socialistes prennent également part activement à l'élaboration du projet socialiste pour 2007 et met en garde les socialistes sur les erreurs de 2002 à ne pas reproduire.

avril 2007 Le MJS mène une campagne unique par la place qu'il s'est octroyé, mais les analyses portées depuis 2002 par les Jeunes Socialistes ne sont pas prises en compte et c'est une nouvelle défaite à l'élection présidentielle.

novembre 2007Les délégués du MJS se sont réunis à Bordeaux pour le VIIIème congrès qui sera un congrès d'union où un texte commun sera adopté avec l'élection d'Antoine Détournée à la présidence du Mouvement sur le texte "Debout la gauche".
Dans le Bas-Rhin, Pauline Viès est élue à la tête de la Fédération sur son Plan d'Action Fédéral dans la lignée d'unité des Jeunes Socialistes et de celle du Congrès de Paris, dont elle incarne la continuité.

C'est maintenant à nous d'écrire la suite après des élections municipales victorieuses, d'un mouvement social lycéen en 2008 et un Congrès du Parti Socialiste qui annonce un tournant historique pour la gauche...